Le calcanéum est l’os qui constitue le talon. Ce volumineux os spongieux est notamment connu car c’est sur lui que s’insère le tendon d’Achille, ou tendon calcanéen en nouvelle nomenclature. Mais quelle est l’anatomie exacte du calcanéum ? Quelles sont les pathologies qui peuvent l’affecter ? Quelles opérations peuvent se révéler nécessaires ?
Calcanéum : caractéristiques
Généralités
Le calcanéum est l’os le plus volumineux du pied. Il constitue toute la partie postérieure du tarse, le talon, et il est en contact direct avec le sol. De forme allongée et parallélépipédique, il est légèrement aplati de bas en haut et il est capable (avec l’avant-pied) de supporter jusqu’à 7 fois le poids du corps.
Articulations
Le calcanéum se compose de trois parties : le corps (qui constitue la quasi-totalité de l’os), la grande apophyse qui prolonge le corps en avant et la petite apophyse (sustentaculum tali), située en avant de la face interne.
Le calcanéum s’articule avec le talus (ex-astragale) en haut et le cuboïde en avant.
Le tendon d’Achille (ou tendon calcanéen) s’insère sur la face postérieure du calcanéum.
Rôle
Avec ses deux articulations (celle avec le talus étant particulièrement complexe), le calcanéum peut se placer dans les trois plans de l’espace. Cet ensemble articulaire permet une adaptation parfaite du pied, ce qui rend possible la marche sur des plans inclinés, une parfaite absorption des chocs liés à la marche et la propulsion du pas au cours de la marche.
Pathologies pouvant toucher le calcanéum
Fracture du calcanéum
Le calcanéum est un os susceptible d’être victime d’une fracture en cas de choc violent du talon, par exemple en cas de chute depuis un emplacement élevée (échelle, étage, etc.) ou en cas d’accident de voiture avec collision frontale (si le compartiment moteur est violemment enfoncé dans l’habitacle).
Ces fractures, également fréquentes en cas d’explosion de mine antipersonnel, représentent à elles seules 60 % des fractures du pied. Environ 85 % des fractures du calcanéum sont des fractures fermées et elles touchent en général la partie interne de l’os.
Les surfaces articulaires avec le talus sont également souvent impliquées, et même l’articulation calcanéo-cuboïdienne peut être lésée. Ainsi, ce sont souvent des factures multiples.
Épine calcanéenne
Les épines calcanéennes (ou épines de Lenoir) sont des pathologies qui, à terme, se traduisent par la présence d’une protubérance osseuse pointue qui naît à la face inférieure du calcanéum (il s’agit d’un dépôt de calcium sous le talon).
On distingue deux types de de pathologies :
- les épines calcanéennes postérieures, qui se développent derrière le talon, près du tendon calcanéen (tendon d’Achille) ;
- les épines calcanéennes inférieures, qui font leur apparition sur la partie interne du talon et qui sont souvent consécutive à une inflammation du fascia plantaire (la membrane qui relie le calcanéum aux phalanges) elle-même due à des contraintes excessives.
Les personnes les plus sujettes aux épines calcanéennes inférieures sont les femmes qui portent des talons hauts, les personnes obèses et les personnes aux pieds plats.
L’épine calcanéenne est souvent peu douloureuse dans ses débuts mais lorsque les dépôts de calcium s’accumulent, elle se traduit par d’importantes douleurs au talon lors de l’appui au sol. Ces douleurs sont particulièrement violentes le matin au réveil ou après une activité sportive.
Si on ne tient pas compte de cette douleur, l’inflammation peut augmenter jusqu’à provoquer la formation d’une excroissance osseuse sous le talon. Elle sera finalement diagnostiquée suite à un examen radiologique permettant de l’observer.
Séquelles d’une fracture du calcanéum
Une fracture du calcanéum peut entraîner un certain nombre de séquelles. Celles-ci peuvent être très invalidantes et provoquer un véritable handicap, d’autant que certaines sont irréversibles.
Il existe plusieurs types de séquelles :
- articulaires (arthrose de la cheville, douleurs, difficultés pour marcher) ;
- musculo-tendineuses (luxations, varus, douleurs) ;
- cutanées (ulcères, hyperkératose, atrophie du tissu adipeux).
Traitement des pathologies calcanéennes
Opération des fractures du calcanéum
Bien que les fractures du calcanéum soient relativement fréquentes, leur traitement n’est pas aisé et ce pour plusieurs raisons :
- ce sont des fractures fermées, intra-articulaires ;
- elles sont généralement multi-fragmentaires ;
- le calcanéum ne peut être abordé chirurgicalement que par sa face interne, ce qui complique d’autant plus les opérations ;
- le calcanéum est entouré d’un fin tissu qui comprend un important réseau vasculo-nerveux (artères, veines et nerfs) qu’il est indispensable de préserver.
Néanmoins, il faut faire tout son possible pour limiter le plus possible les séquelles et optimiser la prise en charge des patients. On sait que les meilleurs résultats sont obtenus par les services hospitaliers spécialisés en traumatologie et dont les équipes chirurgicales sont habituées à traiter ce type de fractures.
Traitement de l’épine calcanéenne
Avant de soigner une épine calcanéenne, on peut faire en sorte de soulager les douleurs en se massant, en reposant le pied (cessation des activités sportives traumatisantes), en appliquant régulièrement de la glace pendant une dizaine de minutes, en faisant des étirements et/ou en prenant des antalgiques et des anti-inflammatoires.
Le médecin pourra aussi programmer des injections de cortisone (espacées de 3 mois) si les traitements précédents restent insuffisants. Cette corticothérapie n’est proposée que dans un second temps car elle peut entraîner des complications telles qu’un amincissement du coussin plantaire qui protège le talon ou la rupture du fascia plantaire.
Le traitement consistera également à réduire l’inflammation du fascia plantaire avec des séances de kinésithérapie et de rééducation (il faudra aussi, le cas échéant, perdre du poids) et à prescrire une orthèse plantaire, une semelle orthopédique (un podologue formé en posturologie pourra l’adapter au mieux). Il suffit généralement de soulager l’inflammation pour que les douleurs cessent.
Il est également possible d’avoir recours aux injections de plasma riche en plaquettes (PRP) dont la concentration en facteurs de croissance stimule la cicatrisation du tendon fissuré ou inflammé, tout en exerçant une action antalgique et anti-inflammatoire.
Si ces approches n’apportent aucun résultat, une intervention chirurgicale pourra être envisagée. Il existe deux solutions :
- sectionner une partie du fascia plantaire, en cas d’épine calcanéenne inférieure ;
- retirer l’épine calcanéenne, en cas d’épine calcanéenne postérieure.